30.01.2007
Présentation
Sans le savoir vraiment avant l'âge de vingt-et-un ans, j'ai toujours été un passionné de l'image et du son.
Après trois années de fac, c'est-à-dire une "année" de Droit en 1993 (qui se résume en fait à un passage furtif de quelques semaines sur les bancs d'Assas), rythmée par des petits boulots d'intérim, et deux années d'Histoire (1995-1996), qui m'ont surtout appris à me détacher de la mentalité et du monde des étudiants, mes ambitions universitaires flirtaient avec le zéro absolu...
De plus, un an et 1/2 après avoir décroché mon Bac, j'ai eu la "chance" d'effectuer mon Service militaire dans la Marine (1994), ce qui m'a permis de prendre conscience de tout ce que je ne voulais pas faire de ma vie. Autrement dit, effectuer un boulot répétitif, avec la sécurité de l'emploi garantie, des revendications syndicales permanentes, des horaires complètement gelés dès 17h30, la déception du lundi matin et la réjouissance du vendredi après-midi qui nous rapproche du sacro-saint week-end, etc.
Enfin bref, j'ai passé 3 ans et 1/2 à errer et à chercher ce qui pouvait le mieux me correspondre, sans vraiment trouver de réponse...
Et bizarrement, c'est en partant faire un voyage au Mont Athos (un lieu aussi beau que la solitude qu'on y ressent est forte), que j'ai pu rassembler dans ma tête ce qu'au fond j'avais toujours eu envie de faire.
J'aimais le dessin et les arts graphiques, la musique et les sons en général, et surtout j'adorais les histoires...
C'est comme celà que j'ai découvert ce qu'était le métier de Monteur...
Sans hésitation, je me suis lancé dans cette voie (en 1996), ignorant tout du monde audiovisuel, tant sur le plan humain qu'au niveau technique...
Et c'est dans le monde de la télé que j'ai débarqué. Je devrais même dire que c'est le monde de la télé qui m'a ouvert ses portes, tant les gens qui m'ont fait confiance au départ ont été gentils et patients.
L'approche technique fut plutôt rude, mais après des nuits entières passées derrière des régies analogiques et numériques, j'expérimentais le montage (comment trouver le bon rythme, comment construire avec des images un suite logique de plans pour leur faire dire quelque chose, comment défaire cette suite et lui faire dire autre chose, etc.). Et c'est dans ces moments de recherche que le virus m'a pris...
Ce qui est devenu en quelques mois ma passion allait ausssi devenir mon métier !
Très vite, j'ai pu me mettre à l'ouvrage sur différents projets (du sujet court de 5'00 au documentaire de 26'00), et ainsi tester la difficulté de travailler avec quelqu'un à côté de vous, qui attend de votre part à la fois d'être rapide et créatif.
Mes premières heures de vol ne furent pas toutes glorieuses, mais globalement je ne m'en suis pas trop mal sorti...
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Formation et parcours
Aucune formation spécifique autre que l'expérience sur le terrain.
Au départ, je me suis quand même renseigné sur les formations dispensées par les écoles et les universités. Mais rien ni personne ne m'a vraiment convaincu plus que l'envie de me plonger dans la vie professionnelle. De plus, quand j'ai pris connaissance des coûts pratiqués par certains établissements (entre 4000 et 6000 € l'année), qui ne vous garantissent pas forcément de travailler à leur sortie, j'ai vite compris que prendre un crédit pour démarrer dans la vie active n'était pas la meilleure solution...
C'est donc grâce à un stage (complètement officieux) que j'ai pu me lancer sur les traces du métier que je voulais faire.
Une société de post-production m'a accueilli pour faire de multiples tâches (câblage, duplications, conformations en régie, installations de machines, etc.), pendant les heures de travail dites "normales".
Et le soir, souvent à partir de 21h00 jusqu'à 3 ou 4h00 du matin, je restais dans les locaux pour me familiariser et surtout comprendre le fonctionnement du matériel dont je disposais (régies Thomson, Abékas, GVG, Sony BVE 900 et 2000, générateur d'effets et de titres Pinnacle ou Delta Quanta, palette graphique, etc.), afin de vite surmonter l'obstacle de la technique.
Ainsi, très rapidement, au bout de 2 mois, on m'a confié le montage de sujets courts avec des journalistes.
Ce moyen a été excellent dans la mesure où j'ai pu être immédiatement plongé dans l'univers de ce métier, et surtout être confronté aux exigences qu'il impose, c'est-à-dire savoir répondre à une demande (donc la comprendre) le plus vite possible, et avoir une idée quasi-instantanée pour la satisfaire.
Peu de temps après, une société de production m'a proposé de travailler sur une 1ère série de 13 documentaires de 26 minutes (montage en régie linéaire), mais toujours dans le cadre de ce stage (ce qui sous-entend que je n'étais pas encore payé). Une bonne expérience de 6 mois qui commençait à me donner confiance en moi, et surtout à en apprendre beaucoup plus sur la maîtrise du récit en images...
Au bout de 9 mois de stage, il était temps de commencer à vraiment me lancer pour gagner ma vie.
Conscient du fait qu'il était difficile d'être crédible en tant que Monteur, j'ai prolongé mon apprentissage en travaillant comme archiviste pour une société de production qui avait un stock de plus de 8000 cassettes à visionner, afin de créer une banque d'images. J'y ai oeuvré pendant à peu près 1 an.
Ce passage a été très formateur, car il m'a permis de développer une véritable méthode de travail et d'organisation, toujours en régie linéaire.
En parallèle de celà, j'ai commencé à faire quelques (trop peu nombreuses) piges à droite à gauche, évidemment payées au lance-pierre, qui me permettaient cependant de ne pas perdre de vue mes objectifs en montage. Une petite consolation sur le moment, mais qui a porté ses fruits dans les mois qui ont suivi...
En effet. Après 10 mois de bons et loyaux services, alors que je commençais à végéter sérieusement dans ma salle de visionnage obscure, m'éloignant chaque jour un peu plus de mes objectifs, j'ai reçu un appel téléphonique salutaire. La société de documentaires que j'évoquais un peu plus haut m'a rappelé pour faire le montage d'une 2ème série de 13 épisodes de 26 minutes, cette fois-ci sur Avid Media Composer.
L'exigence du producteur a été très simple: travailler seul et être complètement autonome, et sur le montage proprement dit des documentaires, mais aussi sur l'ensemble de la chaîne de post-production.
Cette expérience a été aussi dure que valorisante, mais m'a permis de me lancer une bonne fois pour toutes dans le métier en tant que Chef-Monteur.
C'est là qu'a commencé réellement ma vie d'Intermittent.
Presque immédiatement, j'ai été amené à travailler avec des journalistes, des rédacteurs-en-chef et des réalisateurs qui n'ont pas hésité à me mettre en relation avec un grand nombre de sociétés de production. Sociétés qui ont commencé à m'appeler très régulièrement et de plus-en-plus.
Quitte à cumuler 2 voire 3 piges dans la même journée, mon objectif à ce moment-là était de me rendre disponible le plus possible et surtout de me diversifier au maximum dans le choix des programmes sur lesquels je voulais travailler. Que ce soit du documentaire, du reportage, du magazine, des émissions, des plateaux, des concerts, du clip ou de la pub, ma priorité était le montage.
Je n'ai donc jamais vraiment eu de problèmes pour trouver du boulot (beaucoup), et donc me faire des contacts.
Et c'est grâce à celà que j'ai pu rencontrer un réalisateur avec qui j'ai travaillé pendant 5 ans: Pierre Quatrefages.
Le fait de m'être fidélisé à lui m'a permis deux choses: d'une part d'exercer le montage dans un rapport de confiance mutuelle avec quelqu'un, et donc d'être autonome dans les choix de réalisation, et d'autre part d'avoir pu travailler sur un nombre assez impressionnant de productions très diverses.
Aujourd'hui, après avoir travaillé 18 mois dans une société de bandes-annonces pour le cinéma (sur Final Cut Pro), je travaille à nouveau pour la télévision, toujours en tant qu'Intermittent.
Je dois souligner que lorsque j'ai pris la décision d'arrêter de faire du montage de bandes-annonces en mai dernier, je pensais, du fait d'une absence prolongée, que je me retrouverais hors du circuit télévisuel. Que je devrais tout mettre en oeuvre pour "exister" à nouveau. Que celà prendrait du temps. Que la majorité des sociétés auraient relégué mon nom tout-en-bas des listes, dans les profondeurs du classement...
Tout ce que je peux dire, c'est que depuis maintenant bientôt 10 mois, je n'ai jamais autant été sollicité...
03:55 Publié dans #1- Des débuts difficiles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Références
NB: Pour être la plus claire possible, la liste qui suit présente les principales sociétés et/ou projets pour/sur lesquel(le)s j'ai travaillé.
Je ny mentionne ni les pubs, ni les clips, ni les courts-métrages, et encore moins toutes les productions pour la télévision (le total s'élèvant à environ 3000 sujets).
SONIA TOUT COURT, Septembre 2004-Mai 2006
Films:
- "Renaissance" (Onyx Films / Pathé Distribution)
- "Les Bronzés 3" (Les Films Christian Fechner)
- "Bandidas" (Europa Corp)
- "Petites Confidences (à ma Psy)" (SND)
- "The Matador" (SND)
- "Joyeux Noël" (UGC)
- "La Boîte Noire" (Europa Corp)
- "Racing Stripes" (CTV International)
- "Le Transporteur 2" (Europa Corp)
- "Sahara" (SND)
- "Papa" (Gaumont)
- "Le Fils de Chucky" (SND)
- "De Battre mon Coeur s'est arrêté" (UGC)
- "Rencontre à Wicker Park" (SND)
Montages de promoreels et de making-of ("Renaissance", "Le Transporteur 2", etc.).
Montages de clips musicaux (Universal, Program 33).
Décembre 2006: PARIS PREMIERE
"20 ANS D'AUDACE"
Conception, réalisation et montage d'une bande-annonce de 5' à partir de 20 ans d'images d'archives.
Depuis octobre 2006: SECA PRODUCTIONS
"LES 30 HISTOIRES LES PLUS MYSTERIEUSES" (TF1): Magazine de divertissement.
Montages d'une quinzaine de sujets de 3' à 7'.
Depuis septembre 2006: EXTRA BOX
"UN MONDE PRESQUE PARFAIT" (France 2): Emission de divertissement.
Montages multi-caméras d'une quarantaine d'émissions quotidiennes de 50'.
Depuis août 2006: ATLANTIS TELEVISION
"AUTO-MOTO": Magazine d'information et de divertissement.
Nombreux sujets de 3' à 6'.
Depuis juillet 2006: LITTLE BIG PROD
"QUAND JE SERAI GRAND !": Programme de divertissement.
Emission de 26' en langue arabe diffusée dans l'ensemble des pays du Proche et du Moyen-Orient, et retransmise depuis une grande chaîne de télévision basée au Qatar.
Mise en place du projet.
"TOTAL IN LOVE" (NRJ 12): Magazine de divertissement.
Montages d'une dizaine d'émissions de 35'.
1999-2004: COMME AU CINEMA (France 2/production interne + FROGGIES).
Plus de 300 sujets de 4' à 15' (portraits, making-of, chroniques, enquêtes...).
Montage, habillage et assemblage de l'émission (120') tournée avec 10 caméras.
Juillet-Août 2004: RESERVOIR PROD
"LES ANGES GARDIENS" (FRANCE 3). Documentaire de 120'.
Consultation sur la mise en place et la préparation du projet.
Supervision d'une équipe de trois monteurs.
Montage et assemblage final du documentaire.
2000-2004: 909 PRODUCTIONS
"EN ATTENDANT MINUIT" (TPS Stars): Magazine de charme et de société.
Montages d'une cinquantaine de sujets 5' à 10'.
Mise en place de plusieurs pilotes d'émissions de 13' à 52'.
"BLAST" (ACTION): Magazine de cinéma.
Montages d'une centaine de sujets de 5'.
Montage, habillage et assemblage de l'émission.
2002-2004: TOUT SUR L'ECRAN
"OPINION PUBLIQUE" (FRANCE 2): Magazine de société.
Plusieurs sujets magazines de 20'.
"TOUT LE MONDE EN PARLE" (FRANCE 2): Magazine de divertissement.
Sujets best-of.
"ON A TOUT ESSAYÉ" (FRANCE 2): Magazine de divertissement.
Nombreuses caméras cachées de 2' à 3'.
"TRIBUS" (FRANCE 2): Magazine de société.
Sujets magazines de 15' à 20'.
2002-2004: COYOTE
"LOVE UNITED" (FRANCE 2): Documentaire.
Montage de 70'.
"COMBIEN CA COÛTE?" (TF1): Magazine de divertissement et de société.
Nombreux sujets de 5' à 10'.
2001-2004: JLR PRODUCTIONS / ANGEL PRODUCTIONS
"LE PRIX DE LA GLOIRE" (M6): Magazine de divertissement.
Sujets de 26' + montage, habillage et assemblage final de l'émission.
"SAGAS" (TF1): Magazine de divertissement.
Sujets de 15' à 20'.
“STARS INTIMES” (M6): Magazine de divertissement.
Sujets de 8' à 15'.
"NORMAL/PARANORMAL" (M6): Magazine de divertissement.
Sujets de 8' à 15'.
Avril-Juin 2003: PROD 22
"J-60" (FRANCE 2): Magazine de reportages et de divertissement.
Montages de 50 sujets quotidiens de 6'.
2000-2003: P4 PRODUCTIONS
"DOSSIER N°13" (13ème RUE): Magazine de cinéma (thriller, horreur, suspense, action).
Montages de 55 émissions de 13' (sujets + plateaux).
Montages de plusieurs films publicitaires internes de 4' à 5' pour RENAULT et BMW.
1998-2002: ANABASE PRODUCTIONS
"1ER RENDEZ-VOUS" (FRANCE 2): Magazine pour la Jeunesse et de divertissement.
Montages d'une vingtaine d'émissions de 30'.
"ALORS, HEUREUX!" (FRANCE 2): Magazine de société.
Montages d'une centaine de sujets de 5' à 15'.
"LE RENDEZ-VOUS" (FRANCE 5): Magazine de consommation et de société.
Montages de plus de 150 sujets de 5' à 10'.
Août-Décembre 2001: ADVENTURE LINE PRODUCTIONS
"POPSTARS (1ère saison)" (M6): Emission de télé-réalité.
Montage de 8 épisodes de 70' + montage du 1er concert.
Mise en place des premières émissions.
Supervision d'une équipe de trois monteurs.
1998-2001: TPS (bouquets Cinéma)
Montages de plus de 200 sujets making-of de 4’ à 6’, bandes-annonces et programmes de promotion de films.
1997-1998: MCM - MCM International
Montages de plus de 200 sujets de 13' à 70' (Entrevues, événements, concerts).
Développement et mise en place de programmes courts et de bandes-annonces pour la chaîne.
1997-1998: SEGMENT PRODUCTION
Montage d'une série de 26 documentaires de 26' sur le monde sous-marin.
Montages de 52 sujets courts de 5' sur le même thème.
Responsable de toute la chaîne de post-production sur l'ensemble des deux séries.
Avril 1997-Février 1998: PRO TV
Constitution et création d'une banque d'images à partir de plus de 8000 cassettes.
Dérushage, classification par mots-clefs, puis reports sur différents supports.
03:50 Publié dans #1- Des débuts difficiles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le montage vous intéresse?
La théorie...
Le montage est un exercice passionnant, qui agit directement sur vous et sur votre manière de penser.
La première chose à faire, quand on veut se lancer dans le montage, c'est de s'affranchir le plus vite possible de la technique, bien qu'avec l'informatique cette tâche se soit énormément simplifiée. Mais quand-même...
Les logiciels doivent être au service de la créativité, et en aucun cas ils ne se substitueront, malgré l'étendue de leurs fonctions, à la mise en place d'un plan, à l'analyse des rushes, à l'originalité d'une structure, ou encore à la réflexion.
L'une des choses essentielles, c'est de se "nourrir" d'images de toute sorte. Voir des films (bons ou moins bons), regarder la télé, lire des BD et des livres, photographier dans son imaginaire des situations de la vie réelle et les retranscrire dans un langage plus cinématographique...
Bref, c'est une discipline qui fait appel aux différents sens du rythme, de l'écoute, de l'observation, de la concentration, de l'interprétation, de la narration, et surtout... de la patience!
Quel que soit le type de projet sur lequel on travaille, le chemin est laborieux, parce que fait de doutes permanents...
On dit toujours qu'il y a 1000 façons de faire un montage! Moi, je pense au contraire qu'il n'y en a qu'une. Et toute la difficulté est de savoir laquelle. En règle générale, c'est la meilleure...
A partir du moment où vous êtes convaincu de votre travail, il est presque garanti que vous pourrez le faire apprécier à d'autres personnes.
Mais souvent, c'est là qu'intervient l'une des plus grosses difficultés.
La pratique...
En montage, vous êtes souvent seul face aux choix que vous devez faire pour mener à bien l'histoire que vous voulez raconter.
Vous êtes plongé dans vos images et vos sons, et vous vivez au rythme du travail qui prend lentement vie sous vos yeux.
Puis se présente l'étape du visionnage. Rude épreuve...
Des gens qui jusque là n'étaient pas impliqués directement dans la fabrication et la réalisation du projet, débarquent pour donner leur avis sur tout.
Au mieux ils ont une vision pertinente de votre travail, qui peut servir efficacement l'amélioration du propos que vous tentez de développer. Souvent, ce sont les producteurs ou les gens qui ont un peu de bouteille.
Au pire, ils n'ont pas d'idée, partent dans tous les sens et comptent sur vous pour les comprendre. Souvent, des "directeurs artistiques", des responsables de diffusion ou encore des personnes que vous ne connaissez pas, mais qui sont là pour dire ce qui leur passe par la tête...
Là, il faut se débrouiller, avec pour seule consigne: "Je ne sais pas ce qui ne va pas, mais il faut trouver autre chose!"
Puis suit la phrase qui fait plaisir à 21h00: "Désolé les gars, mais moi j'ai un dîner! Je compte sur vous! A plus!"
Et c'est parti pour 48h00 de boulot non-stop!
Seule la passion, et un peu d'orgueil aussi, vous permettent de tenir et de respecter l'échéance de la diffusion.
Dans ces moments, le montage n'est vraiment pas une partie de plaisir, et le maître-mot c'est un peu "Tu seras fatigué après!"
Il y a enfin une 3ème catégorie de personnes qui ne vous facilitent pas la tâche: ceux qui ne connaissent rien à rien.
Un exemple: un jour, je venais de finir un reportage sur "New York à travers le Cinéma". L'animateur/rédacteur en chef de l'émission visionne le sujet, puis me dit:
"C'est bien, mais c'est quoi ces images de merde de poursuite de voiture sous le métro!"
-Ben... c'est French Connection! La poursuite la plus spectaculaire tournée en décor réel de l'Histoire du Cinéma!
"Ah ouais? Jamais entendu parler! Vire-moi çà! Et en plus, on dirait de la DV amateur pourrie!"
Que dire de plus? Pas grand chose...
Bref, tout celà pour dire que le métier de Monteur est ingrat et assez compliqué à gérer.
D'une part, parce que votre vie privée en prend un coup (les horaires n'existent pas).
D'autre part, et c'est là une sorte de paradoxe, parce que finalement, en montage on fait très peu de montage...
En fait, quand on est Monteur, on passe 70% de son temps à faire de la psychologie avec les un(e)s et les autres (ex: rassurer un réalisateur, ne pas froisser la susceptibilité d'un rédacteur en chef, savoir rester à sa place quand un producteur prend la parole,etc.).
On passe 20% de son temps à préparer son travail (dérushage et écriture d'un plan).
Et au final, il ne reste plus que 10% consacrés au montage proprement dit.
Pour finir, je dirais que le montage c'est compliqué, délicat, difficile, long, parfois ennuyeux... mais c'est aussi, passionnant, ludique, stimulant, enrichissant et hyper créatif.
J'aime ce métier, parce qu'il m'offre la possibilité d'explorer sans cesse des pistes pour exprimer en images mes émotions.
Et aussi, surtout, parce que les contraintes qu'il m'impose ne sont rien comparées au sentiment de liberté que j'éprouve lorsqu'un projet est terminé, et que je suis prêt à repartir sur une autre histoire...
La technique...
Il faut savoir que la plupart des personnes avec qui vous allez travailler n'aiment pas la technique. A vous donc de la maîtriser et de vous en affranchir pour être au service de la réalisation.
Vous devez dès lors être capable d'exécuter le plus vite possible, ou bien ce que l'on vous demande de faire (habillage, effets,etc.), ou bien une idée que vous pouvez proposer.
Dans ce cas, étant donné que l'idée vient de vous, il faut être rapide pour qu'en très peu de temps votre résultat soit convaincant...
Aujourd'hui, il est relativement simple de s'entraîner sur des logiciels de montage. De plus, je pense que le meilleur moyen pour en apprendre leur fonctionnement c'est de bidouiller et de creuser toutes les fonctions qu'ils mettent à votre disposition.
Mais si vous avez la possibilité de commencer le montage de manière plus classique (pellicule ou vidéo machine à machine), je vous encourage à le faire!
Pourquoi? Tout simplement parce que je croise un paquet de gens qui se disent monteurs dès lors qu'ils savent se servir d'un logiciel. Mais au niveau organisation, appréhension d'un projet, ou encore imagination, ils ne valent pas grand-chose...
En revanche, passer par des outils plus complexes et moins souples vous pousse vraiment à vous creuser la tête, à vous organiser, et finalement à conceptualiser très tôt votre montage sur papier. Et c'est cette précision que vous pouvez acquérir, qui fera la différence entre vous et un autre...
En ce qui me concerne, j'étais un fan absolu des régies "tape-to-tape" avant de découvrir Avid. Ensuite, en tant qu'inconditionnel d'Avid, j'ai eu beaucoup de mal à me laisser convaincre par Final Cut. Mais aujourd'hui, je pense que c'est de loin le meilleur logiciel de montage du marché, parce qu'intuitif, souple, facile, complet et logique.
Dernier point: n'hésitez pas à élargir vos domaines de compétence à d'autres outils de travail. En montage, c'est un bel atout d'être polyvalent (Photoshop, After Effects, etc.). De plus, savoir se servir d'une caméra n'est souvent pas de trop (DV ou Béta). Enfin, utiliser du matériel son (prise de sons et mixage) pourra aussi vous dépanner.
03:45 Publié dans #3- Le montage, c'est quoi ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
La spécificité de la bande-annonce
NB: Une bande-annonce est un vecteur de communication qui utilise des techniques commerciales et des arguments de séduction.
Elle n'est ni un résumé de film, ni une compilation de scènes mises bout-à-bout arbitrairement. Elle est, dans sa conception, une sorte de mini-court-métrage, avec un début, un milieu et une fin.
Mais elle n'est pas non plus une oeuvre d'art. Un film, lui, en est une...
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Avant toute chose, je pense pouvoir affirmer que la bande-annonce est certainement l'exercice de montage le plus complexe qui soit. Les raisons sont multiples et, sans trop m'étendre, je vais tenter de définir les différents écueils auxquels on peut se heurter lorsqu'on s'essaye au hasard à cet exercice périlleux.
L'organisation...
Voir le film sur lequel on travaille puis démarrer immédiatement le montage, c'est aller droit dans le mur!
Monter une bande-annonce exige à la fois de connaître le film, de l'analyser, puis très vite de le découper dans sa tête séquence par séquence.
La première étape consiste donc à dérusher de manière très précise le film. Le but: éclater sa structure initiale pour sélectionner des "bouts" totalement indépendants les uns des autres, qui vont devenir le point de départ de votre matière de travail.
Il ne s'agit pas encore de faire une sélection de plans ou de séquences, mais juste de regrouper dans des thématiques précises (ex: scènes d'action, scènes drôles, gros plans de personnages,etc.) des éléments qui ne sont à priori pas liés entre eux.
Cette étape, qui dure environ 2 jours, est un peu rébarbative, mais en même temps elle est cruciale.
Pourquoi? Tout simplement parce que tout ce qui est dit ou montré dans un film a de l'importance. Et vous, vous allez devoir mettre en place en 1'30 ou 2'00 ce que le film met 1h30 ou 2h00 à développer.
Des choix vont donc devoir se faire, surtout si l'on considère qu'en bande-annonce il y a autant de propositions de montage possibles qu'il y a de séquences dans le film; ou encore qu' il y a autant de possibilités de raccords qu'il y a de plans; ou enfin qu'il y a autant de structures envisageables qu'il y a de dialogues...
C'est pourquoi, sans une véritable organisation au départ, le vertige peut très vite vous prendre et vous bloquer pour la suite des opérations...
Le concept...
L'aspect jubilatoire du montage de bandes-annonces, c'est qu'il n'y a pas de recette toute faite. Chaque film a une identité qui lui est propre, et celà vous donne des idées différentes d'un projet à l'autre.
Pour ma part, une fois que j'ai terminé mon dérushage, je me mets à réfléchir sur ce que l'on peut appeler le "concept". Autrement dit, l'axe de construction de ma bande-annonce qui va guider mes choix de dialogues, de voix-off (ou pas), mais aussi les partis pris graphiques et esthétiques, ainsi que la mise en place des plans.
Pour celà, je m'oblige à conceptualiser le montage sur papier, en essayant déjà d'anticiper la durée de mes séquences.
En imaginant mon montage de cette manière, je me laisse guider par le choix évident des scènes qui doivent apparaître dans la bande-annonce. Je dois donc trouver le moyen de les amener dans le montage tout en gardant à l'esprit qu'il va falloir relier mes morceaux de séquences les uns aux autres.
Petit-à-petit, je vois se dessiner le squelette de mon montage avec les premières intentions de rythme, les pauses, les ruptures, etc.
En parallèle de celà, je fais aussi une recherche musicale (très souvent dans des catalogues de "musiques au mètres", c'est-à-dire "musiques-pas-connues-donc-pas-chères").
Cette recherche prend un peu de temps (environ 1/2 journée), car la musique va me permettre de créer une ambiance, de donner des informations sur l'univers du film, et bien-sûr de soutenir le rythme total de la bande-annonce.
Arrivé à la fin de cette seconde étape (à peu près 4 jours depuis le début), tous les éléments sont enfin réunis pour pouvoir enfin attaquer...
Le montage...
C'est évidemment l'étape la plus plaisante... donc forcément la plus courte!
Pour ma part, la plupart du temps, je monte une bande-annonce à partir d'une suite de dialogues (s'il doit y en avoir), et ensuite je m'occupe de la partie images. D'autres monteurs, eux, travaillent pas-à-pas. Sur ce plan, il n'y a pas de règle précise, donc pas de méthode définitive...
La principale difficulté va être maintenant de mettre en place le postulat de la bande-annonce (en 15 ou 20"00). Cette mini-introduction doit répondre au moins à 3 questions:
- Quelle est l'ambiance et le genre du film (comédie, western, guerre, drame, thriller, etc.)?
- De quoi parle-t-il?
- A quel public s'adresse-t-il?
Une fois les enjeux posés, mon objectif principal doit être désormais de garder le cap en étant particulièrement attentif à la cohérence de la structure de la bande-annonce.
Le principal piège à éviter est de vouloir trop privilégier le rythme aux dépens de la qualité des informations que l'on veut faire passer.
Soit on veut trop en mettre , et c'est souvent le cas (trop de dialogues, trop de plans), ce qui donne un résultat type "rouleau compresseur"... donc confus.
Soit on se laisse dépasser par les contraintes du peu de temps que l'on a pour faire passer son message, et l'on va trop vite dans la façon dont on met en scène ses plans. Dans de cas, la bande-annonce devient bancale, les scènes sont mal liées entre elles, et finalement c'est toute la structure qui est déséquilibrée. Celà arrive fréquemment quand on accorde trop d'importance à la musique.
C'est la raison pour laquelle je ne monte pas systématiquement en musique, et qu'il m'arrive même parfois de ne la poser qu'en toute fin de montage.
Une fois le montage terminé...
N'allez pas croire que le travail est fini! Il reste l'étape ultime: celle du visionnage par le client. Et là, il va falloir vous armer de courage et de patience... (cf. note "Le montage vous intéresse?").
Très, très peu de bandes-annonces sortent de votre banc de montage sans modifications (c'est-à-dire rajouts ou suppressions de séquences, de plans, voire de musiques dans le meilleur des cas; au pire, redéfinir un nouvel axe de structure).
Très souvent, on vous dit: "Tu n'as qu'à changer tel plan, rajouter tel dialogue et couper tel autre!"
Sauf que ce n'est pas si simple...
En effet, il suffit que l'un des maillons de la chaîne que vous aviez construite saute pour que tout votre montage soit remis en question.
Et dès lors que vous touchez à l'équilibre de votre construction, c'est tous les calages, les liens, les ruptures, l'harmonie et le rythme qui sont à revoir.
Malheureusement, vous pouvez essayer de convaincre le client que les modifications qu'il demande ne sont pas forcément judicieuses, mais c'est peine perdue. Et très souvent, celà se fera aux dépens de la qualité du travail final.
Il m'est arrivé de monter plus de 20 versions d'une même bande-annonce, et je peux vous affirmer que dans ces moments-là, le doute vous submerge au point que vous n'arrivez plus du tout à prendre de recul sur ce que vous faites.
Toutefois, l'aspect positif de cette difficulté, c'est qu'il faut chercher et trouver une solution pour vous en sortir. En ce qui me concerne, la réponse à mes interrogations me vient généralement lorsque je détourne mon attention vers un autre projet. Puis je reviens dessus 2 ou 3 jours plus tard, la plupart du temps avec la clef de tous mes problèmes, déterminé à me débarasser de ce projet, et surtout prêt à repartir sur un autre...
03:45 Publié dans #4- La BA, plus dure que tout | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
"Psy à domicile !"
Quand la Télévision s'immisce dans la vie privée de certaines personnes, les conséquences peuvent être parfois dramatiques. C'est exactement ce qu'il s'est passé dans le récit qui suit...
Pendant un an, une journaliste a travaillé sur un reportage qui traîtait du thème de l'anorexie.
Pratiquement semaine par semaine, pour "illustrer" son propos, elle a suivi une jeune femme de 18 ans, gravement atteinte par cette véritable maladie.
Au fur et à mesure que le tournage avançait, le psychothérapeute de la jeune femme constatait une aggravation des symptômes de sa patiente, et mettait en garde la journaliste en la priant de suspendre provisoirement la production. Son argument était simple et clair: depuis qu'on lui demandait de se confesser, sa patiente n'arrivait plus à avancer dans son processus de guérison, et pire encore, voyait ses vieux démons resurgir...
Je me souviens encore de la journaliste dire, dans les couloirs de la production:
-"Je ne vais pas abandonner maintenant ! Elle est mûre ! J'ai tout ce qu'il faut avec elle pour avoir un témoignage fort ! Moi, je m'en fous, mais je continue !"
Et effectivement, elle a continué, contre l'avis du médecin.
Pire même, elle est arrivée à convaincre son témoin d'arrêter de voir son Psy, le temps du tournage.
La jeune femme s'est alors totalement abandonnée à elle, sans avoir conscience à ce moment précis que la journaliste ne cherchait pas à l'aider, mais juste à obtenir ce qu'elle attendait d'elle. C'est-à-dire une confession forte en émotions, conforme aux besoins de la télé.
Et çà n'a pas loupé, une fois le reportage en boîte, la journaliste a coupé net tout contact avec son témoin.
Normal ! Elle avait obtenu ce qu'elle voulait.
Résultat: la jeune fille s'est suicidée dans l'année qui a suivi.
Je ne dis pas que la télé est responsable d'un drame comme celui-ci. Mais malgré tout, elle y joue un double-jeu hyper malsain.
D'un côté, il est vrai que sa vocation première est le droit à l'information (au sens très large... même la télé-réalité, c'est pour dire, donne de linformation).
Mais d'un autre côté, elle ne peut s'empêcher de se dégager de ses responsabilités en souhaitant traîter cette information de manière spectaculaire, souvent au nom de l'audience.
Or, depuis quand l'info doit elle servir le spectacle?
Je pense que les producteurs et les diffuseurs devraient réfléchir vraiment et ouvrir grands les yeux sur le monde qui les entoure.
Le danger de la télé, c'est de penser qu'en étalant sa vie privée devant des millions de téléspectateurs, on trouvera une solution à ses problèmes. Mais l'inconvénient, c'est qu'en face de vous, il y a des individus qui vous considèrent comme de la "matière de travail", comme une illustration, dans le meilleur des cas comme un symbole... mais jamais comme une personne.
03:40 Publié dans #8- La télé a ses secrets ? Ici, on dit tout... | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
"Ni oui, ni non..."
L'histoire qui suit s'est déroulée à mes tout début en montage.
Le piège quand on démarre, c'est de dire "oui" à tout.
Ce jour-là, j'ai dit "non".
Tout commence un vendredi, en milieu d'après-midi. Un petit journaliste, sûr de lui, m'expose l'axe de son sujet sur "l'expropriation".
Le boulot commence.
2 heures passent. Puis il me dit:
-"Là, on va avoir un problème! L'intervenant que j'ai eu me dit que sa mairie l'a aidé dans ses démarches! Moi, j'ai besoin qu'il me dise le contraire! On n'a qu'à rajouter une négation dans sa phrase, on met l'interview en "off", et le tour est joué!"
-Moi: "Hors de question!"
-Lui (offusqué): "Comment çà?"
-Moi (sentant l'embrouille): "Ben... on ne truque pas les propos de quelqu'un!"
-Lui (remonté): "Oullllaaahhh! On fait du journalisme! Si je te demande un truc, tu le fais! Un point c'est tout!"
-Moi: "C'est non! Et de toute façon, tu n'avais qu'à faire ton boulot en trouvant le bon témoin!"
Fin de la discussion. Fin du montage. Fin de la journée.
Fin du week-end.
Lundi matin. Je me fais convoquer par le patron de la société où je travaillais.
-Le Boss: "Tu sais Pierre, le journaliste avec qui t'as bossé vendredi, il s'est plaint de toi! Il m'a dit que tu refusais de faire tout ce qu'il te demandait!"
-Moi (scotché): "Ah bon? Euh... ben, j'sais pas quoi dire! Pourtant, on a été rapide et on a fini à l'heure!"
-Le Boss: "Tu sais, je n'aime pas ce genre d'échos! Et dans ma position, à choisir entre le client ou toi, je vais être obligé de choisir le client! Désormais, on évitera de travailler avec toi!"
-Moi: ... ?
Résultat:
-le sujet a été modifié.
-le trucage sonore a été fait par un monteur bien consciencieux comme je les aime.
-il y avait deux cons de plus sur la Terre ce jour-là: moi, et un gars dont les propos ont été dépassés par la "pensée" d'un "journaliste" bienveillant.
03:40 Publié dans #8- La télé a ses secrets ? Ici, on dit tout... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
"Quand la (télé-)réalité dépasse la f(r)iction!"
Autre histoire qui remonte à mes débuts dans le métier :
Huit mois d'investissement total dans une société, et voilà comment j'ai été... "remercié"!
Nous sommes mercredi soir, il est plus de 20h00.
Celà fait près de 2 mois que je travaille environ 120 heures par semaine afin de boucler tout un tas de projets.
Je n'ai plus de vie privée.
Mon cerveau est en fin de bande.
Je suis tout simplement fatigué.
Je vais voir le producteur de la société pour le prévenir que j'ai bien terminé mon boulot, et que pour cette raison je ne viendrai pas le lendemain, afin de me reposer un peu.
Il relève la tête lentement, me regarde et me dit froidement:
-"Tu as intérêt à être là demain! Je ne te paye pas pour te reposer!"
-Moi: "Non, c'est vrai! Mais tu ne me payes pas les heures supps non plus! Et en plus, je suis à jour dans mon travail! J'ai juste besoin de me reposer 24 heures!"
-Lui: "Je te préviens, sois là!"
-Moi (très irrité): "Ne compte même pas là-dessus!"
Je pars.
Le surlendemain, je reviens sur mon lieu de travail.
Quand je vois la tête des assistants de prod lorque je rentre, je comprends tout-de-suite que le 1/4 d'heure qui va suivre est le mien.
Personne ne me parle.
La désapprobation se lit dans les regards.
J'ai fauté et je vais payer.
Mais à ce moment-là, je suis à 1000 lieues d'imaginer ce qui m'attend...
Je suis immédiatement convoqué dans le bureau du grand Manitou, en présence de son associé.
Et là, commence une tirade moraliste (inter)minable sur "l'orgueil-des-jeunes-qui-sont-incapables-de-supporter-les-conditions-de-travail-que-les-anciens-subissaient-lorsqu'ils-ont-commencé-dans-ce-métier".
10 minutes d'un flot de paroles ininterrompues sur "l'incapacité-de-gens-comme-moi-à-savoir-se-mettre-au-service-d'une-société-qui-me-donne-ma-chance-et-pour-laquelle-il-faudrait-que-je-me-sacrifie-encore-plus".
Monologue sublime qui se solde par une magnifique formule:
"De toute façon, tu n'es qu'un petit con!"
Ma réaction est instantanée, et étonnamment calme:
"Et bien, vous voyez? Pour ne pas briser l'émulation collective et créative qui anime cette socété, j'allais justement vous proposer de me sacrifier en laissant ma place!"
Et là, je vois l'associé, tout rouge, saisir une tringle en métal qui traîne pour venir la fracasser contre le mur, à quelques centimètres de mon visage.
Il hurle:
-"Mais pour qui tu te prends, espèce de petit connard!?! Des mecs comme toi, ils sont bons à bosser dans des boîtes de clips, à faire de la merde!!! Nous, on te donne ta chance, et toi, t'es même pas capable de t'investir!!"
Moi (en éclatant de rire): -"Vous voyez, vous me payez au lance-pierre, pour bosser plus de 400 heures par mois! Moi, ce que je vois, c'est qu'en plus d'être des voyous, vous êtes des racketteurs! Et le pire dans tout çà, c'est que vous allez encore vous en sortir, parce qu'il y aura toujours des crétins comme moi pour fabriquer vos émissions!"
Fin de ma réplique. Départ héroïque, quoiqu'un peu précipité quand-même...
L'histoire s'arrête donc là. Enfin presque...
Et oui! 4 mois plus tard cette boîte de prod a dû déposer le bilan. La raison? 1 million de francs de services qui n'ont jamais été payés à une société de post-production, et 4 mois de salaires qui n'ont jamais été versés à une dizaine d'employés...
C'est écoeurant, mais c'est aussi çà la magie de la télé...
03:40 Publié dans #8- La télé a ses secrets ? Ici, on dit tout... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
"Nos amis les bêtes..."
Entre mangeuse d'hommes insatiable, business-woman glacée, tueuse farouche et princesse tyrannique, voici ce que peut être une productrice de télévision...Je travaillais avec une femme adorable (je la nommerai CM), qui avait donné 16 ans de sa vie à une société.
Elle faisait tout: du montage à la direction artistique, en passant par coursier, journaliste, illustratrice musicale, etc.
Mais la plus grosse partie de son boulot ne se trouvait pas là.
Non.
Le plus difficile pour elle, c'était de devoir gérer les crises (presque de démence) de sa patronne.
Plusieurs exemples:
1- Un jour, alors que nous déjeunions CM et moi, la productrice est arrivée et s'est installée à notre table.
Elle m'a regardé, s'est tournée vers CM, puis lui a balancé froidement (sachant qu'elle était lesbienne):
"Eh ben! Çà doit vous faire du bien d'avoir une paire de c*uilles assises en face de vous! Je ne sais pas comment vous faites pour vous passer d'une bonne b*te! Mais franchement ma pauvre fille, quand on voit votre tête, on n'a vraiment pas envie d'aimer les femmes!"
Ambiance...
2- CM, qui avait une journée de dingue, avait oublié une cassette dans un bureau.
Et là, la productrice qui l'attendait, est entrée dans un état de fureur insensé, devant une dizaine de personnes:
"Espèce de conne! Salope! Comment voulez-vous que l'on vous fasse confiance! On comprend mieux pourquoi les hommes n'ont pas envie de vous! Regardez dans quel état vous êtes! Faites-vous mettre un bon coup, et arrêtez de m'emmerder!"
Lamentable...
3- Quelques semaines plus tard, pour une histoire de droits musicaux non-déclarés (ce qui est permanent en télé), CM se faisait virer, devant moi.
La scène a duré exactement 1mn30, pas plus, et se résumait en gros à celà:
"Je ne veux plus voir votre gueule ici! De toute façon, vous êtes trop vieille et moi, j'ai besoin de gens qui ont des idées!"
16 ans d'une vie...
Peu de temps après, j'envoyais un bouquet de roses à la productrice, accompagné d'une lettre qui disait ceci:
"J'ai hésité à ne vous envoyer que les épines, mais je ne peux pas résiter au plaisir de vous offrir ces roses qui, je l'espère, fâneront et pourriront très vite..."
Cordialement...
03:37 Publié dans #8- La télé a ses secrets ? Ici, on dit tout... | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
"Boire ou produire..."
Depuis un moment, je tavaillais dans une boîte de production assez sympathique (eh oui, elles existent) et dynamique.
La productrice, qui avait largement fait ses preuves dans le métier, considérait sa société comme un espace de "création" et de détente. Malheureusement, elle voyait les choses d'une manière tellement détendue, qu'elle ne cachait absolument pas son penchant prononcé pour l'alcool.
Et le whisky en particulier...
Dès 11h00 du matin, elle carburait au jus de malt fermenté estampillé Jack Daniels, terminait sa première bouteille sur les coups de 14h00, en attaquait une deuxième qui voyait son espérance de vie réduite à à peine 4 heures, avant de finir la journée en nous conviant dans son bureau pour déguster une petite coupe de champagne...
C'est-à-dire, dans les faits, une coupe (voire deux) pour les employés, et une bouteille (voire deux) pour elle...
Autant dire que vers 19h00, elle était tout simplement et clairement fracassée !
Incapable d'aligner deux mots cohérents.
Totalement inapte à remplir sa fonction.
Embêtant pour une productrice de ne pas être dans le coup en fin de journée, surtout quand arrivait l'heure de valider les travaux du jour, et qu'il fallait avoir toute sa tête...
Il lui arrivait même de s'endormir en plein milieu d'un visionnage, voire d'oublier de venir, tellement le trajet entre son bureau et les salles de montage devait être une épreuve pour elle.
Nous, les monteurs pervers, on ne s'en plaignait pas, loin de là ! Cette situation nous convenait parfaitement. Et en plus, elle nous donnait l'illusion d'avoir une certaine autonomie et de travailler dans la confiance. Que demander de plus ?
C'était un mal béni qui nous profitait largement !
Mais, malheureusement pour cette productrice, ses journées ne s'arrêtaient pas là...
Une fois que tout-le-monde avait déserté les bureaux, elle restait seule dans la société, souvent affalée sur un canapé du hall d'accueil, ou encore étalée sur une table, et parfois gisant par-terre.
Un responsable de la sécurité m'a même dit qu'une nuit, vers 04h00 du matin, il l'avait retrouvée allongée dans les toilettes, la tête reposant sur un oreiller de fortune en PQ ! Il avait alors dû appeler un taxi, la prendre dans ses bras (elle ne bougeait pas d'un poil), la charger dans la voiture, faire le trajet avec elle, la reprendre dans ses bras, la monter chez elle et la coucher...
Sympa la vie d'un(e) producteur/trice !
03:35 Publié dans #8- La télé a ses secrets ? Ici, on dit tout... | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
"Audio-visuel... et odeurs..."
Est-ce qu'il vous est déjà arrivé de travailler avec une personne qui, en plus d'avoir le charisme d'un beignet, traîne avec elle une haleine de rat crevé, est complètement demeurée et, pire encore, se croit irrésistible ?
En ce qui me concerne, j'ai la "chance" d'avoir croisé la route de ce genre de spécimen, incarné par une journaliste (je devrais même ajouter la mention "pseudo" devant son titre, largement usurpé).
Tout commence sur une émission pour laquelle je fais la mise-en-place du montage des reportages.
Je dois monter un sujet avec cette "journaliste" que je ne connais pas.
Il doit être 10h00 lorsque j'arrive dans la salle. Elle est déjà sur place depuis une heure.
Çà ne commence pas très fort...
Bonjour de circonstance. Excuses de principe. Installation immédiate.
Et là, à peine posé sur mon siège, mes sinus sont saisis par une odeur indescriptible. A mi-chemin entre le café mal digéré aux relents du repas de la veille et la vieille boîte de fromage à pâte-cuite laissée ouverte à température ambiante en plein mois d'août.
Une émanation agressive prête à tout pour s'accrocher à la fibre de mes vêtements.
Un fumet nauséabond, capable de me coller une migraine tenace dès le matin.
Un avant-goût de l'Enfer...
Mais le pire, parce qu'il y a encore pire que çà, c'est que la fille, en plus de ne pas réaliser que le fond de sa bouche est une authentique arme par destination, a de l'aplomb. Vous savez, l'assurance incontestable et néanmoins écrasante des chieurs !
Très vite, voyant que je suis un garçon plutôt avenant, elle commence à me parler, puis me parler, parler toujours et parler encore sans s'interrompre.
Tout vert (j'imagine !), je suis au bord de l'asphyxie.
Et au fur-et-à-mesure de son monologue passionnant ("Moi, j'ai fait ci !", "Personnellement, je pense qu'il faudrait que les choses soient faites comme çà !", "Est-ce que tu connais cette boîte ? Moi, je connais untel, c'est mon meilleur ami !", etc.), je la vois se rapprocher de moi, une épaule en avant, le corps tourné à 45°, son souffle mortel pile-poil dans la direction de mes narines.
Et elle continue de palabrer ("Ce tournage, il était vraiment super !", "Tu comprends, je leur ai dit de faire les choses plutôt comme-çà que comme-ci !", etc, etc.).
Moi (respirant par la bouche), d'un mouvement de la tête de haut-en-bas à fréquences régulières : "Mmm ! Mmm !"
Tout en jactant, elle décide de passer la deuxième : ellle est partie pour me faire le coup des yeux doux au regard intense qui font mine de déstabiliser la personne d'en face.
Les premiers signes de séduction évidents. Aïe !
Si elle savait à quel point je suis effectivement déstabilisé, mais surtout pourquoi !
A ce moment-là, j'ai toutes les raisons d'être vert...
Cette petite discussion passée, nous nous mettons au boulot pour le reste de la journée. Moi, habilement, j'utilise ma main gauche comme soutien à ma tête, mais surtout comme rempart à toute émanation buccale provenant de ma voisine.
J'espère secrètement m'habituer à cette atmosphère au fil des heures.
Mais il n'en est rien.
Malheureusement, mon corps ne supportant cette attaque continue, me rappelle tout au long de la journée qu'il est sous pression, qu'il ne veut pas me faire oublier le danger permanent des exhalaisons de la demoiselle.
Le temps m'oublie, les minutes passent pour des heures... Je n'en peux plus !
Résignation et agacement.
Puis arrive la toute, toute fin de journée. Vivant ce moment comme une vraie libération, je sors de la salle à toute blinde, comme un gosse. Et là, miracle ! J'aperçois ma fiancée (Marion).
Je file la retrouver. Un peu d'air et de réconfort.
Mais malheureusement, l'infatigable "journaliste" m'emboîte le pas et, sans-même se présenter, s'adresse directement à Marion :
La "journaliste" : "Salut ! Il est sympa ton mec. Juste une chose : si je suis habillée comme çà, c'est pas pour le draguer, mais parce que ce soir je vais à une fête !"
Marion : "... ???"
La "journaliste" : "Non, j'préfère te prévenir, parce que les filles sont souvent jalouses de moi, et on n'arrête pas de me reprocher de briser les ménages !"
Marion (se tournant vers moi) : "Mouais ! On y va ?" (elle est toujours comme çà, j'adore)
Moi (dans ma tête) : "Ooouuufffff !!!"
Enfin... maintenant je peux respirer. Vite, une bonne bouffée de gasoil !
Mais je me dis quand-même que cette "journaliste", avant de s'attaquer aux ménages, ferait bien de commencer par en faire un grand, de ménage dans sa tête...
Qu'elle commence par la bouche, tiens !
Non, mais !
03:35 Publié dans #8- La télé a ses secrets ? Ici, on dit tout... | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
"Nature et découverte..."
"Tu as 2 jours pour aller au Cap d'Agde et faire un sujet sur les échangistes ! Du Glamour avant tout, hein ? On est d'accord !"
Voici, à peu de choses près, la recommandation lancée par le rédacteur-en-chef d'une émission de prime-time à un journaliste que je connais bien.
Je me souviens encore de sa tête lorsqu'il apprend cette nouvelle. Long soupir. Début de résignation. Profonde solitude...
C'est son troisième tournage là-bas en 2 ans. Et lors de son dernier séjour, il est revenu en me disant : "C'est bien simple, j'avais l'impression d'être au marché, rayon boucherie. Ma libido était tombée à zéro. Pendant 10 jours, je ne pouvais même plus toucher ma copine !"
Il soupire une dernière fois puis, devant faire face à l'urgence du sujet, il part.
Deux jours plus tard...
10h00. Un cri d'hystérie envahit la cage d'escalier de la boîte de post-prod où nous devons travailler. Je vois mon pote remonter quatre-à-quatre les marches, courir ventre-à-terre jusque dans la salle de montage, une cassette de "rushes" à la main...
PLAKKKKK !!!!!
Vibrements anarchiques des pieds du bureau à la solidité précaire.
Je prie pour que les écrans tiennent encore en équilibre.
Mon pote le "baveux" : "Regarde ça et dis-moi ce que tu en penses ! On tient le sujet ! J'suis sûr qu'ils vont adorer !"
J'enclenche la bande dans le magnéto. Mire de barre, 1000 Hz.
Plan fixe sur une pièce rouge. Ambiance skaï moite / rideaux noirs et moquette léopard.
Un couple s'installe. 100% Botox, mauvais maquillage, mini-jupe pathétique et âge indéterminé (entre 25 et 45 ans) pour elle. Sculpture corporelle, mise en valeur dans un t-shirt XXS prêt à exploser au premier geste normal, parfaitement étudiée sur torse oint et préalablement épilé pour lui.
Bref, deux caricatures directement sorties de la vitrine du Zara en-bas de chez moi. Aussi naturels que du plastique.
Début d'interview :
"Expliquez-nous précisément ce qu'est l'échangisme !"
"Bla-bla-bla, bla-bla-bla, liberté, bla-bla-bla, bla-bla-bla, consentement mutuel, bla-bla-bla..."
"Dans quelle mesure pouvez-vous affirmer que vous êtes un couple heureux ?"
"Bla-bla-bla, bla-bla-bla, harmonie, bla-bla-bla, fidélité, bla-bla-bla, bla-bla-bla, couple libre et ouvert, bla-bla-bla, bla-bla-bla, bla-bla-bla..."
A peine la deuxième question expédiée, là rentre dans le champ de la caméra une créature venue de nulle-part, entièrement nue. Elle prend place au milieu de Ken et Barbie, saisit la main de celle-ci et... ouvre le bal.
Je regarde le Time Code de la cassette. Nous en sommes à 6 minutes d'enregistrement.
Les 34 minutes d'interview qui vont suivre vont être surréalistes.
Collées à Monsieur qui ne tient plus en place mais parvient à répondre quand-même à la troisième question, Mesdames se laissent aller. Monsieur finit sa phrase, se lève, baisse son pantalon, désormais décidé à mettre les points sur les "i" à toutes les questions à suivre, entre deux gémissements.
Et mon pote de journaliste, pensant qu'il tient quelque-chose d'accrocheur et persuadé de pouvoir passer entre les gouttes, de continuer comme cela jusqu'au-bout.
Jusqu'au-bout...
Fin de la cassette.
Je me retourne vers lui : "T'es un grand malade, toi ! Jamais ils n'accepteront un truc pareil !"
Le journaleux fou : "Ils veulent du Glamour ? Et bien là ils vont être servis !"
Soulagé d'apprendre que je n'aurai pas à monter ce sujet, j'en attaque un autre pendant que mon pote part dans une salle mitoyenne où une monteuse que je connaîs bien l'attend.
Trois jours plus tard...
Il se fait virer avec pertes et fracas. La prod s'affole. Le sujet passe à la trappe.
Et je me souviens encore de la tête de ma copine monteuse, l'oeil rond, bouche-bée...
03:35 Publié dans #8- La télé a ses secrets ? Ici, on dit tout... | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, Télévision
"Mon Dieu! Qu'il est laid!"
Un jour, je travaillais sur une émission assez sérieuse, qui traîtait d'un sujet fort sur "les maladies nosocomiales".
Il y avait un témoin bouleversant qui expliquait qu'après s'être fait amputer des deux jambes, il avait fait une grave dépression et avait tenté de se suicider.
Sa vie de famille avait complètement explosé, il avait perdu la garde de ses enfants à la suite de son divorce, toute sa vie sociale était réduite à néant, ses amis lui ayant tourné le dos.
Franchement, on ne pouvait qu'être ému face à la détresse de cet homme.
Et pourtant, lorsque la productrice de l'émission est venue pour la validation du reportage, elle n'avait pas écouté la moitié de la première phrase de son témoignage pour tout arrêter en hurlant au journaliste présent dans la salle:
- "Mais qu'est-ce que c'est que ce pauvre mec! T'as vu sa tronche? C'est pas possible, il est vraiment trop laid! On avait dit des gens beaux pour les sujets! Et en plus, t'as vu ce qu'il reste de ses jambes? Moi, je peux pas voir çà, c'est vraiment trop "trash"! Les gens, ils veulent du "glamour"! Là, ils vont zapper!"
Fin de la tirade.
03:35 Publié dans #8- La télé a ses secrets ? Ici, on dit tout... | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
"Noir c'est noir..."
Un mois et demi de travail sur un gros projet, çà vous rend un peu nerveux... Mais ce jour-là, j'ai cru que j'allais vraiment tout casser!
Les faits: deux responsables de programmation viennent valider un projet laborieux, encore en chantier.
Silence de mort dans la salle pendant l'heure de projection.
Fin du visionnage. Pas un mot. Rien.
Aucun mot n'existe pour définir l'ambiance qui s'était installée dans la pièce.
Tic-tac, tic-tac... 2 minutes... Tic-tac, tic-tac... 3 minutes... Tic-tac, tic-tac...
...5 minutes...
Respiration. Soupir.
Et puis, la sentence tombe.
-Le diffuseur: "Cà ne va pas du tout! Je ne peux pas dire quoi, mais il va falloir trouver autre chose! Mais surtout, il y a truc qui me dérange plus que tout: il y a trop de noirs!"
-Moi (dans mon extrême naïveté): "C'est normal, on a laissé des noirs (comprendre "images au noir") pour les séquences qui ne sont pas encore montées!"
-Le diffuseur (le plus naturellement du monde): "Ah non! Ce que je veux dire, c'est qu'il y a trop de noirs, de blacks quoi! C'est trop coloré! Si on a trop de blacks et de beurettes, les gens risquent de zapper! Moi ce que je veux c'est des petites blondes un peu cochonnes! Et en plus, ils vont adorer à la Direction!"
Mon sang bouillonne. Le dilemme s'installe.
"Je m'énerve ou je ne m'énerve pas?"
"Non, calme-toi!"
Finalement, en remaniant un peu la structure du projet, j'ai pu éviter de me compromettre, et ainsi conserver toute la "couleur" du montage de départ...
03:35 Publié dans #8- La télé a ses secrets ? Ici, on dit tout... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Des bons films aux chefs-d'oeuvre...

Une très belle histoire de rédemption...

3 histoires, 1 film...
Fort, étrange, envoûtant...

Rock'n roll!!!
Un film de fou réalisé par un fou...

Des idées de montage géniales...
Le 1er film qu'on rêve de faire!

Réalisation, montage, maîtrise de chaque plan, écriture du scénario et narration vous tiennent en haleine pendant près de 3h00...

C'est violent, décalé... et pourtant tellement vrai! Une mise en scène audacieuse, hyper moderne, qui met en avant le jeu hallucinant des comédiens...

En 2 minutes, dès le début du film, vous êtes le personnage!
Montages son et image plus que maîtrisés...

L'esthétique est complètement assumée, et totalement en rapport avec le sujet du film!
Rien que pour celà, "Cypher" se démarque des autres films du même genre...

Scénario de malade mental!
Le montage est maîtrisé au point que l'on ne se perd jamais dans l'histoire...

Tout paraît classique dans ce film, et pourtant tout est tordu!
La réalisation est parfaite et le jeu des comédiens est grandiose...

Un jour un pote m'a dit: "Va voir ce film! Il casse tous les codes de narration cinématographiques que l'on connaît!"
Hystérique, épuisant... hallucinant!!!

Selon moi, LE film policier de référence!
Chaque personnage est traîté comme un élément d'intrigue, et chaque intrigue comme une situation psychologique...

Une musique démente qui sert une histoire improbable... au service d'un moment de cinéma envoûtant!

A chaque fois, je me dis que 3h00 c'est long! Mais dès les 1ers plans, je me laisse prendre par cette histoire parfaitement écrite...

10 minutes silencieuses dès l'ouverture du film, qui plantent magistralement une ambiance lourde!
Musique, plans (gros), montage, jeu d'acteur... Magnifique!

On peut aimer ou haïr, mais la musique prend une telle place dans ce film, qu'on se laisse prendre par l'émotion...

Des plans osés, une ambiance "virile", une gestion géniale des ingrédients d'une comédie complètement barrée et décalée...

Un film de super-héros qui aborde le thème à l'opposé de la vision actuelle des studios, un peu en panne de scénarios originaux!
Musique de James Newton Howard...

Si ce n'est pas çà un scénario parfaitement huilé, servi par une réalisation originale, et un montage intelligent, moi je m'en coupe une!!!

Le postulat est aussi original (la nuit ne tombe pas), que le film est magnifiquement réalisé (cf. poursuite dans la brume)...

Je n'arrête pas d'entendre dire que c'est le plus mauvais film de Tarantino...
Pour moi, il me suffit juste de penser au 1er plan et d'entendre la musique pour me dire que c'est un grand film!

Le génie au service de l'inutilité...
Jubilatoire!

Histoire simple, mais servie par un montage novateur et redoutablement efficace...

Je ne sais pas comment Gilliam fait pour avoir autant d'imagination! Et en plus, quand on a à son service de tels comédiens...

Un plan à la seconde, et pourtant on ne loupe rien de l'histoire! La gestion des montages parallèles et croisés est démente!
Le film auquel un monteur rêve de participer...

A chaque fois que je vois ce film, j'ai l'impression d'être le témoin d'une histoire vraie...

Jeu d'acteurs, musique, fluidité des plans, histoire... Tiens, je vais peut-être regarder ce film ce soir!

Un film lent, assez classique, sans effet tape-à-l'oeil...
Mais une histoire forte, servie par un scénario en béton et une distribution parfaite, subtilement mise en scène...

Magistrale, incontournable ! A mon avis, il est impossible de passer à côté de cette trilogie qui incarne à merveille la grandeur du Cinéma!

Quand un film devient la référence d'un genre!
Voix-off, montage, musiques, gestion des ellipses et du flash-back...
N'est pas Scorsese qui veut!

Moi, ce film il m'éclate! En plus, c'est une leçon de cinéma...

Etourdissante mise en scène, direction d'acteurs géniale!
Que dire de plus, si ce n'est de voir et de revoir ce véritable chef-d'oeuvre?

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Je ne connais pas une seule personne qui ait la même interprétation de ce film! On est hypnotisé, manipulé, complètement paumé... mais on a envie d'y croire!

Le triomphe du Cinéma qui ne laisse aucune place à l'improvisation! L'histoire est excellente, la réalisation est incroyable, les acteurs sont grandioses...

Extrême!
Postulat... intrigant!
Récit... noir profond!
Violence... inouïe!

Bon scénario + bons personnages + bonne réalisation = très très très bon film...

Un des films les plus classique d'Oliver Stone sur le plan de la réalisation... Grâce à celà, l'histoire est largement mise en valeur...

C'est irracontable! La fin se retrouve au début, pour se retrouver à la fin qui ne l'est pas tout-à-fait, en passant par le milieu d'une histoire qui commence là où s'arrête l'autre, avant de reprendre au début de la précédente qui finit sans vraiment finir, tout en prenant le temps de nous expliquer ce qu'il s'est passé avant que l'histoire ne commence là où elle n'aurait jamais dû s'arrêter!
Si ce n'est pas très clair, il vaut mieux s'arrêter là, à moins de faire le contraire! Quoi que...

Un seul mot: E-N-E-R-G-I-E (à tous les niveaux)...

Je ne trouve pas l'histoire transcendante, mais la réalisation (lumière, montage, musiques), et la direction d'acteurs sont telles que le film vous plonge dans une ambiance que vous ne pouvez pas oublier!

A mon avis, le film qui sait mettre en images nos angoisses profondes, nos peurs cachées...

C'est LE film que j'ai attendu comme un gamin en 2005!
Mélange de tout: film noir des années 50, film de science-fiction, film d'auteur, film de super-héros...
Une oeuvre qui vaut pour sa beauté graphique, autant que pour son humour cynique, ou encore ses personnages et leurs histoires...
Un régal!

La perfection?

Voilà un film extrêmement bien écrit, hyper bien construit (le montage est une merveille), complètement barré et déjanté!
Comme quoi on peut être intelligent sans se prendre au sérieux...

Les idées visuelles de ce film (les vues subjectives notamment) sont bluffantes, tant sur le plan du réalisme, de la rapidité et de la fluidité, que sur le plan narratif... Et en plus, l'histoire est plutôt bien menée...

Hypnotisant, dérangeant, captivant, violent...
Bercé par une musique venue d'ailleurs et d'un autre temps, chaque émotion, chaque plan se vit au rythme du personnage, et vous entraîne petit-à-petit dans un malaise profond, étourdissant...

Je n'avais aucune envie de voir "The Barber" au moment de sa sortie!
Et pourtant, par son ambiance, ce film est un véritable hommage rendu au film noir, genre que l'on a tendance à juger trop vite...

C'est complètement barré, absolument sans intérêt, définitivement crétin... mais alors qu'est-ce que c'est bien!

Un jour, je suis allé voir "Ali" au cinéma, et je me suis profondément ennuyé... Pourquoi? Ma réponse a été immédiate: il manquait à ce film ce qu'Oliver Stone a réussi à faire dans les "Doors". C'est-à-dire, plutôt que de partir d'une idée pour faire vivre son personnage, il vous met à la place de son personnage pour que l'on vive ses idées...
Et le résultat est là: un film personnel, énergique, poétique, cru, violent, touchant...
En tant qu'amoureux de la musique et des images, je ne peux qu'aimer et défendre ce film!

Plusieurs personnes autour de moi détestent ce film. L'une des raisons: "C'est un film de gonzesses!"
Dans ce cas, moi, j'aime la femme qui est en moi. Et franchement, il fallait dormir ou se gratter les couilles pour être passé à côté de ce chef-d'oeuvre!!!
A noter, la musique de Philip Glass...
03:22 Publié dans #7- Top films | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note


